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John Fogerty ... saga

 
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Phil1
Rwa des Belches


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MessagePosté le: Jeu Avr 13, 2006 4:54 pm    Sujet du message: John Fogerty ... saga Répondre en citant

Pas de ma plume ... comme d'hab .. Cool

La saga de John Fogerty

J ohn Fogerty, c'est d'abord l'incarnation de Creedence Clearwater Revival, un guitariste au style fluide, un chanteur doté d’une voix parfaite pour le rock et surtout un auteur-compositeur très inspiré, à qui l'on doit des chansons gravées dans toutes les mémoires : "Proud Mary", "Born on the Bayou", "Hey tonight" ou encore "Bad moon rising".
Le parcours de Creedence s'est arrêté officiellement en 1972, laissant la voie libre à deux entités : d'un côté la carrière solo de son leader et de l'autre, la tentative de réincarnation du groupe sous le nom de Creedence Clearwater Revisited par ses anciens compagnons.
John Fogerty vient d'ajouter une nouvelle pièce à sa discographie : "DEJA VU (ALL OVER AGAIN)". Les dix chansons qui le composent vont droit au but et sont caractéristiques de son style, aussi bien dans la forme que dans le fond.
On y retrouve notamment les mêmes préoccupations politiques dans le titre générique, où il fait un parallèle entre le Vietnam et l'Irak.

La saga en intégrale


John Fogerty est né le 28 mai 1945 à Berkeley. A quatorze ans, il pratique la guitare, l’orgue, le piano, le dobro, le saxophone ténor, l’harmonica et la batterie, autant d’instruments dont il a appris à jouer tout seul en écoutant la radio.
En 1959, au lycée, il rencontre le batteur Doug Clifford et le bassiste Stu Cook. C'est à l'occasion d'une fête scolaire que le trio fait sa première apparition publique.

"On s’appelait les Blue Velvets. Doug, Stu et moi, nous formions un groupe presque exclusivement instrumental. Il y avait très peu de morceaux chantés car à l’époque j’avais quatorze ans et ma voix était celle d’un adolescent en train de muer. Donc, nous faisions principalement des instrumentaux, soit des reprises, soit des titres de mon cru que je composais à la guitare. Nous étions le type même du garage band américain : une batterie, une guitare et un piano. Car à l’époque Stu jouait des claviers."

John Fogerty, Stu Cook et Doug Clifford sont bientôt rejoints par Tom Fogerty, le frère aîné de John. A la sortie du lycée, Stu et Doug entrent à l’université de San José tandis que les frères Fogerty vivent de petits boulots.
Pour sa part, John travaille chez Fantasy Records, un label installé à Berkeley. Il en profite pour tenter de placer quelques-unes des chansons du groupe et il y réussit. C’est ainsi qu’en 1964, les Blue Velvets gravent un premier single, avant de changer de nom une première fois.

"Pour différentes raisons, la maison de disques n’aimait pas le nom Blue Velvets, et en 1964, quand nous avons commencé à tourner, nous avons opté pour The Visions. Ce n’était pas une trouvaille renversante et d’ailleurs au bout de trois semaines nous en avions déjà assez. Parallèlement, en juin 64, nous avions enregistré un single qui était resté inédit de longs mois avant d’être finalement publié en 65. Le jour de sa sortie, je me suis rendu auprès de la maison de disques pour en récupérer une copie et là, sur l’étiquette du single, il y avait écrit Golliwogs. C’est Fantasy qui avait inventé ce nom, un nom que nous nous sommes mis à haïr au-delà de toute mesure. Mais il nous a fallu le conserver pendant plus de deux ans et demi."

De 1965 à 1967, les Golliwogs enregistrent sept singles. En octobre 67, Saul Zaentz, jusqu’alors directeur commercial du label, rachète Fantasy Records.
Depuis longtemps, il a deviné le potentiel commercial des Golliwogs. Il les aide à acheter du matériel convenable et surtout, il donne carte blanche à celui qu’il considère comme le leader naturel du groupe, John Fogerty.
Par la même occasion, les Golliwogs se trouvent un nom plus en harmonie avec la scène californienne de l’époque : à côté du Jefferson Airplane, du Grateful Dead et de Moby Grape, il y aura désormais Creedence Clearwater Revival.
Paru en novembre 67, "Porterville", le dernier 45-tours des Golliwogs, est très vite recrédité à Creedence.

Après s'être appelés The Blue Velvets puis The Golliwogs, John Fogerty, son frère Tom, Stu Cook et Doug Clifford se sont rebaptisés Creedence Clearwater Revival, un nom bien compliqué qui va pourtant leur ouvrir les portes du succès.
L’album “CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL” paraît fin mai 1968. Il est chanté, arrangé et produit par John Fogerty qui, en plus, signe la majeure partie des titres qu’on y trouve.
C’est pourtant une reprise qui est choisie comme single, celle du “Suzie Q” de Dale Hawkins. Le titre qui fait 8 minutes et 34 secondes est réparti sur les deux faces du 45-tours et il atteint la 11ème place du hit-parade américain.
Creedence s’embarque alors pour une première tournée nationale où le public découvre un groupe parfaitement en place, rodé par ses dix années de scène dans la région de San Francisco.

Le deuxième album de Creedence Clearwater Revival, “BAYOU COUNTRY”, sort en janvier 69. Il propose six compositions de John Fogerty et une reprise de “Good Golly Miss Molly”, le classique de Little Richard.
Un seul single en est extrait, “Proud Mary”, couplé à “Born on the bayou”. “Proud Mary” est un succès mondial. Pour Bob Dylan, c'est la plus belle chanson de l'année 69.

Creedence Clearwater Revival est le meilleur exemple d'une synthèse réussie entre le rock et le country blues, une synthèse si authentique qu’au début de leur carrière, de nombreux journaux n’ont pas hésité à affirmer que les quatre musiciens étaient originaires de Louisiane.
En fait, Creedence est un pur produit de la baie de San Francisco et leur musique résulte de l’écoute intensive des grands bluesmen du Delta, des pionniers du rock, ainsi que des grands noms du country & western.
"Proud Mary" et "Born on the bayou" sont dus à la plume géniale de John Fogerty, ainsi qu’à son imagination fertile. Ils constituent un véritable tour de force pour quelqu’un qui n’est jamais allé dans le Mississippi et qui ne connaît pas encore les bayous de Louisiane.

"Quand je me suis rendu dans le Mississippi en 1990, c’était vraiment la première fois. Je n’y avais jamais mis les pieds et encore moins dans le Delta. C’est la vérité. Jusque là, ce n’était pour moi qu’un lieu mythique sorti tout droit de mon imagination et qui correspondrait grosso modo à la Louisiane, mâtinée de certains aspects du Mississippi. C’était surtout le côté cajun qui me fascinait, donc louisianais, et les marais, le bayou. Je suis certainement le premier musicien de rock qui ait parlé de ces marécages comme d’un endroit romantique et attirant. Mais pour moi, c’était le cas."

Un autre album, “GREEN RIVER” paraît déjà en août 69. C'est un nouvel exemple parfait de cette "swamp music" que joue Creedence Clearwater Revival. Le titre générique est un tube, tout comme “Bad moon rising” quelques semaines plus tard.
Nous sommes à la fin des Sixties, et alors que tous les groupes composent des concept-albums sur le modèle du “Sergeant Pepper's” des Beatles, Creedence est le seul à aligner sur le vinyle autant de titres que de singles potentiels.

Depuis sa formation officielle en décembre 1967, Creedence Clearwater Revival a accumulé deux albums de platine, un album et quatre singles d’or. Alors que le magazine Rolling Stone les consacre meilleur groupe de l’année 69, novembre voit la sortie de “WILLY AND THE POOR BOYS”, le quatrième album de leur discographie et le troisième pour cette année en tous points exceptionnelle.
“Willy and The Poor Boys” marque une extension des thèmes développés jusque là par John Fogerty. Il se lance dans le commentaire social, évoquant la discorde entre Américains dans “Effigy” ou les pressions politiques et militaires dans “Fortunate son”.
Mais il évite toujours le sensationnel ou le racoleur. C'est ainsi que les sujets “chauds” du rock & roll, comme par exemple le sexe ou la drogue, sont traités de manière indirecte ou voilée.

L'album "COSMO'S FACTORY" paraît en juillet 70 au moment où Creedence rentre d’une tournée triomphale en Europe. C’est de loin leur album le plus populaire.
Il contient trois singles qui atteignent tous le Top 5 américain : “Up around the bend”, “Lookin’ out my back door" et "Travelin' band".
On en retiendra aussi la version de onze minutes de “I heard it through the grapevine”, le classique de Marvin Gaye.

Au sein de Creedence Clearwater Revival, John Fogerty cumule toutes les fonctions artistiques puisqu’il compose, produit, chante et joue de la guitare. Il est aussi devenu le manager, le promoteur et le tourneur du groupe. Cette mainmise de John sur l’ensemble des activités de Creedence, mais aussi ses qualités artistiques supérieures, ont fini par reléguer Tom, Doug et Stu au rang de simples accompagnateurs, ce qui engendre aigreur et frustration.

"Les choses sont devenues vraiment difficiles à cause de leur jalousie. Moi, je ne savais pas comment faire face à cette situation, je ne parvenais pas à la maîtriser. Ils m’avaient pris par surprise dans la mesure où nous étions un groupe. Ce n’était pas John Fogerty et Creedence ou je ne sais quoi. Nous étions un groupe et j’avais toujours observé une attitude de groupe. Concrètement, je partageais mes droits d’auteurs avec eux ; j’en faisais quatre parts bien qu’ils n’écrivaient pas les chansons, juste parce que cela me semblait correct, équitable. Alors, quand les problèmes ont commencé, je me suis demandé ce que je pouvais faire de plus pour arranger les choses. La suite est connue : ils n’arrivaient plus à se contenir et, fin 70, nous avons eu ce qu’on a coutume d’appeler une 'réunion de concertation', où ils ont affirmé que eux aussi voulaient chanter, que eux aussi voulaient écrire et inventer leurs propres arrangements. Et j’ai cédé. Cela faisait deux ans et demi que je menais la barque et j’ai dit 'O.K. je ne veux pas en entendre plus. A partir de maintenant, on fait comme vous voulez'. Mais pour moi c’était comme couler le navire."

De 1968 à 1970, les cinq albums enregistrés par Creedence Clearwater Revival ont permis au groupe de se forger un succès universel.
Mais cette ascension, qui s'est faite surtout autour du personnage et du talent de John Fogerty, a généré certaines jalousies et rancœurs. A tel point que les tiraillements internes ne tardent pas à se faire sentir dans la musique.
En décembre 1970, leur sixième album, “PENDULUM”, ne leur apporte qu’un seul succès, le 45-tours qui réunit "Hey tonight" et "Have you ever seen the rain".

En février 1971, Tom Fogerty est le premier à quitter Creedence Clearwater Revival. Le groupe continue en trio et visite l’Europe une dernière fois dans le courant de l’automne.
De retour aux Etats-Unis, John tient parole et laisse libre cours à Doug Clifford et Stu Cook. Ils ont ainsi l’occasion de composer une bonne partie des chansons d’un ultime album, “MARDI GRAS”, qui paraît en avril 72. C’est une catastrophe. Sur sa lancée, l’album est malgré tout certifié disque de platine, mais plus personne n’y croit.
Le célèbre critique musical Jon Landau déclare à cette occasion : "C'est le plus mauvais disque que j'ai jamais entendu de la part d'un grand groupe". Même John Fogerty en était conscient.

“'Mardi-Gras' ne fonctionnait pas dès l’enregistrement. J’en avais gros sur le cœur, j’étais taraudé par un mal de crâne persistant et mes oreilles souffraient le martyre. C’était pour moi très dur de jouer ce jeu et encore plus dur d’entendre Doug Clifford chanter. Je ne voulais pas faire partie d’un groupe dont il aurait été le leader ou le chanteur. Ce n’était pas ma conception du succès. Et c’est donc au moment où l’album est sorti et après quelques dates de concerts que j’ai décidé que ça suffisait comme ça. Et je suis parti."

Lorsque Creedence Clearwater Revival éclate en octobre 1972, le label Fantasy demande à John Fogerty de continuer à enregistrer sous ce nom, mais celui-ci refuse catégoriquement.
Au contraire, il entame un projet solo en se dissimulant sous le pseudonyme d’un groupe, "THE BLUE RIDGE RANGERS”, dont l'album paraît en mai 73 avec un succès beaucoup plus important aux Etats-Unis qu’en Europe.
Cet album d’inspiration country et gospel ne propose que des reprises, notamment celle du classique de Hank Williams, "Jambalaya (on the bayou)", qui est un énorme succès aux Etats-Unis en janvier 1973.

Après la sortie de l'album crédité aux Blue Ridge Rangers, John Fogerty envisage de quitter Fantasy, bien qu’il doive encore huit albums au label. Il se heurte bien sûr à un refus catégorique et en représailles, il décide de ne plus enregistrer tant qu’on ne lui aura pas donné raison.
L’affaire va en justice et c'est finalement David Geffen, à l'époque patron d'Asylum Records, qui négocie avec succès une sortie honorable pour les deux camps. En contrepartie, l’ex-Creedence signe sur son label.
En septembre 1975, John Fogerty publie sous son nom le premier album de sa liberté artistique retrouvée.
Sur cet excellent album de rock, on retiendra plus particulièrement deux titres qui sont devenus des classiques : "Almost saturday night" (repris par Dave Edmunds en 81) et "Rockin' all over the world" (qui sera un succès pour Status Quo en 77).

John Fogerty continue sa carrière solo, tout comme son frère Tom. De leur côté, Doug Clifford et Stu Cook rejoignent le Sir Douglas Quintet avant de fonder le Don Harrison Band.
Tout au long de cette période, Fantasy exploite le filon et continue de publier quantité de disques "live" et de compilations crédités à Creedence Clearwater Revival.

John Fogerty et ses anciens partenaires de Creedence Clearwater Revival découvrent alors qu’ils sont ruinés. Leur argent, placé aux Bahamas sur les conseils de Fantasy, vient de disparaître mystérieusement. C’est l’occasion d’un nouveau procès.
La bataille juridique est rude et John en est si perturbé qu’il a du mal à terminer son nouvel album. Celui-ci est malgré tout annoncé pour novembre 76. Il s’appelle “Hoodoo” et porte la référence 1081. Mais finalement, il ne sort pas, car la maison de disque ne le trouve pas assez bon.
Abattu par cet échec, et avant de reprendre le chemin des studios, John décide d’attendre la fin du procès qui l’oppose à Fantasy. Il se termine en 1983 avec la victoire de Creedence.
John Fogerty récupère quatre millions de dollars et chacun de ses partenaires, un million et demi. Ce n’est que justice, mais il faut noter que depuis son départ de Creedence, John n’avait jamais cessé de courir après son argent.

"Mes droits d’auteurs m’apportaient un revenu correct et régulier, quoique... tu sais que j’ai eu pas mal de problèmes à ce sujet. Il est arrivé que ma maison de disques stoppe les payements, et pas qu’une fois. Ça s’est reproduit souvent. De plus, nous nous sommes tous les quatre fait escroquer en 77, nous avons perdu tous nos avoirs, et nous ne les avons retrouvés qu’en 83 et même plus tard, quand les avocats ont enfin daigné signer les chèques. Donc, j’avais appris à vivre frugalement, très simplement. Je dois confesser qu’aujourd’hui les choses se sont bien améliorées, mais à l’époque, le moins que l’on puisse dire c’est que je ne menais pas le train de vie d’une rock star. Je m’en sortais tout juste."

Ses problèmes résolus, John Fogerty met les bouchées doubles pour essayer de rattraper le temps perdu. Il se remet au travail dans son studio-ranch de l'Oregon. Au début de l'année 1985, il publie un nouvel album qu'il a produit lui-même, "CENTERFIELD".
Le disque est accueilli avec enthousiasme par les critiques et par le public qui le porte au sommet du hit-parade américain. Le single "The old man down the road" se classe N°10, mais c'est un autre titre qui fait l'actualité, "Vanz Kant Danz", une attaque à peine voilée contre son ancien patron, Saul Zaentz. Et c'est l'occasion d'un nouveau procès.

John Fogerty revient très vite, dès septembre 1986, avec "EYE OF THE ZOMBIE". Cette fois, l'album reçoit un accueil mitigé, mais il est vrai qu'on était habitué à beaucoup mieux.
John en est très conscient et il range ce disque parmi ses semi réussites.

"J’ai eu la chance de ne jamais faire un disque contre mon gré, bien que parfois on m’y ait poussé ou qu’on m’ait demandé de sortir des albums que j’estimais inachevés. Mais c’est quelque chose que je ne laisserai plus faire. Autrement dit, il y a certains albums dont je ne suis pas entièrement satisfait. Eye of the zombie contient quelques bonnes chansons mais ce n’est pas un bon disque, il est trop déprimant. Idem pour Blue Ridge Rangers. L’idée de départ est bonne, il y a de grandes chansons - qui ne sont d’ailleurs pas de moi - mais je me suis trompé en voulant jouer de tous les instruments, en simulant un groupe à moi tout seul. Je pense que cet album aurait pu être beaucoup mieux."

Après la sortie de "Eye of the zombie", John Fogerty entame une tournée où, devant un public désappointé, il n’interprète que des extraits de sa production récente.
Ce n’est que l’année suivante, en 1987, qu’il se décide à rechanter les classiques de Creedence lors d’un concert de soutien aux vétérans du Vietnam. Depuis, il le fait régulièrement.
En revanche, il a toujours refusé de rejouer avec ses anciens partenaires, même lors de l'intronisation de Creedence au Rock & Roll Hall of Fame en 1993.

"Je suis très fâché contre eux. Ils ont fait plusieurs choses dans le passé qui m’ont plus qu’irrité, et pas seulement récemment. Vous allez voir que c’est très facile à comprendre. Quel que soit le pays, tout artiste sur cette planète s’emploie, soit à acquérir, soit à maintenir un contrôle artistique sur son œuvre, afin que personne ne puisse en faire une utilisation qu’il ne souhaite pas. En 1972, je m’étais débrouillé pour que, légalement, Fantasy ne garde que très peu de marge de manœuvre avec le matériel enregistré par Creedence : nous avions un droit de veto. Or, en 1989, les trois autres ont revendu leur droit de vote aux gens de Fantasy et leur ont redonné ainsi la liberté de faire ce qu’ils voulaient de notre travail. Bien sûr, ils ne m’ont rien dit. Or, à ce moment, j’étais de mon côté en train de négocier avec Fantasy un partage égalitaire des droits dans Creedence. Pour nous quatre ! J’étais furieux. Ils m’ont en quelque sorte planté un couteau dans le dos et je ne leur fait plus aucune confiance."

John Fogerty vient d'expliquer pourquoi il ne veut plus jouer avec les anciens Creedence. D'un autre côté, on peut comprendre que ceux-ci n’aient pas envie de voir le nom de Creedence Clearwater Revival sombrer dans l’oubli, ne serait-ce que pour des raisons matérielles.
Stu Cook a fait un rapide passage dans la groupe country Southern Pacific. Puis en 1995, avec Doug Clifford, il a formé CCR, c'est-à-dire Creedence Clearwater Revisited, qui tourne avec un répertoire entièrement dédié à leur ancien groupe. Un double CD "live" baptisé "RECOLLECTION" est paru en 98.
Quant à Tom Fogerty, il est mort le 6 septembre 1990, victime de la tuberculose.

Il faudra attendre onze ans pour voir arriver le successeur de l'album “Eye of the Zombie”. Il s'appelle “BLUE MOON SWAMP” et paraît en juin 97. Cette fois, ce ne sont pas des problèmes juridiques ou des questions de gros sous qui expliquent ce très long délai, mais un souci de perfection et le désir de John Fogerty de progresser en tant que musicien et compositeur.

"J’ai travaillé très longtemps sur cet album. J’ai commencé l’enregistrement en 1992 et j’ai passé près de quatre ans et demi rien qu’en studio. Alors pourquoi est-ce que ça m’a pris tout ce temps ? Eh bien, parce que je n’arrivais pas à trouver le son, le feeling adéquat. A mes oreilles, ce que j’avais enregistré au début était très mauvais. Il y a des gens qui pensent que les artistes ont parfois des critères de jugement bien mystérieux ou des humeurs, mais là non, ça sonnait vraiment mal. Tu n’aurais pas aimé ce premier effort. Et cela explique en grande partie pourquoi j’ai été si long."

Cette démarche a amené John à se rendre pour la première fois de sa vie dans la région du Mississippi, cette région mythifiée par les chansons de Creedence, la terre nourricière du blues et de la country music.
Mieux vaut tard que jamais : "Blue moon swamp" permet à John Fogerty de décrocher le premier Grammy Award de sa carrière.

Fort de la réussite de son album "Blue moon swamp", John Fogerty entame alors une grande tournée mondiale où, pour le plus grand bonheur de son public, il accepte enfin de redonner à son ancien répertoire la place qu'il mérite.
Paru en 1998, l'album live "PREMONITION" témoigne de ce revirement : on y retrouve une dizaine de titres de Creedence mêlés aux meilleurs extraits de sa carrière solo.

Fantasy, qui n'a jamais interrompu sa politique de réédition, publie finalement une anthologie qui fait un point définitif et complet sur la carrière de Creedence. Ce coffret, baptisé sobrement "CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL", paraît en février 2002. Il contient six CD's. Cinq d'entre eux reprennent leurs sept albums studio et deux albums live, "The concert" de 1970 et "Live in Europe" de 71. Le sixième propose des enregistrements rares du début de leur carrière, quand ils s'appelaient encore Tommy Fogerty & The Blue Velvets ou The Golliwogs.
Quant à John Fogerty, on le retrouve en mars 2002 sur "EVANGELINE MADE : A TRIBUTE TO CAJUN MUSIC", une compilation consacrée à l'histoire de la musique cajun.

Le nouvel album de John Fogerty, "DEJA VU (ALL OVER AGAIN)", est son premier album studio en sept ans.
Il n'y a pas de tromperie sur la marchandise : on y retrouve les mêmes sources d'inspiration, que ce soit pour les textes ou pour les musiques qui abordent toujours un large éventail qui va du rock à la country en passant bien sûr par le swamp-blues.
Actuellement et jusqu'au 11 octobre, John Fogerty participe à six concerts du "Vote for Change Tour" avec R.E.M. et Bruce Springsteen. Puis il partira de son côté pour une nouvelle tournée américaine en novembre – décembre.
Parmi les invités de John Fogerty sur son nouvel album, on remarque Mark Knopfler sur le titre "Nobody's here anymore".
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