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Animals ... saga

 
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Phil1
Rwa des Belches


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MessagePosté le: Ven Juil 14, 2006 5:31 pm    Sujet du message: Animals ... saga Répondre en citant

Toujours pas écrit de ma plume mais ... bonne lecture quand même .. Wink





La Saga de Eric Burdon & The Animals en intégrale


Cela fait maintenant plus de quatre décennies qu'Eric Burdon est sur la brèche, et il n'a jamais trahi la cause. Depuis ses débuts avec les Animals en 1962, il a constamment rendu hommage au blues noir américain, et c'est encore le cas sur son nouvel album, "SOUL OF A MAN", où l'on retrouve cette même voix puissante et inspirée, tout juste assagie par les années.
Le 6 avril prochain, Eric Burdon sera en concert à Paris, au Trabendo, pour présenter les chansons de ce nouvel album, "Soul of a man."

"L'âme d'un homme, c'est sa conscience. Ce que sa conscience peut accepter. Tout le monde peut avoir une âme, même le mal. On le voit dans la culture moderne et dans les bandes dessinées qui maintenant deviennent des films. Par exemple, le personnage de Hellboy, qui est démoniaque, qui représente le mal, mais qui à la fin montre en un sens qu'il a une âme secourable. C'est la même chose pour Batman. Au cinéma, Batman devient de plus en plus noir, comme l'était la BD originale. J'aime ça."

Eric Victor Burdon est né le 11 mai 1941 à Walker, dans la banlieue de Newcastle. Après des études secondaires dans un lycée d'art et de dessin industriel, il exerce plusieurs métiers comme dessinateur, cultivateur, facteur et camionneur. C'est un grand admirateur d'Etta James, de Joe Turner et surtout de Ray Charles.

"Oh God ! There's nobody like him. 'Set me free !'. Bon, je ne suis pas un bon Ray Charles, mais Joe Cocker a bâti sa fortune avec ça. La seule différence entre Ray et Joe, c'est que Joe s'éloigne du micro et chante avec ses tripes, alors que Ray est tout contre le micro, c'est presque un murmure. Si tu les a vus sur scène, tu le sais. Ray recherchait d'abord la vérité. C'était quelqu'un de très rigoureux. Très strict avec ses musiciens. Son batteur et son bassiste devaient toujours regarder son pied gauche qui marquait le tempo. C'est le pied gauche qui commandait. Et si le batteur regardait ailleurs, par exemple une fille dans le public, Ray se penchait en arrière et lui disait : 'Tu es viré !'"

Eric Burdon commence à chanter très tôt dans les clubs de Newcastle, mais pas tout à fait dans le style qui l'a rendu célèbre.

"Je devais avoir 17 ou 18 ans. C'était avec des musiciens de jazz locaux qui avaient beaucoup de préjugés à l'égard du rock 'n' roll et de gars comme moi, les chanteurs, ceux qui sont sur le devant de la scène. Ils ne nous considéraient pas comme des musiciens. Je leur ai fait écouter l'album 'live' de Ray Charles. Aussitôt, ils ont dit : 'C'est super, c'est du jazz !' Et le troisième morceau, 'Yes indeed when you get that feelin' way down in your soul'. Ray est celui qui a mélangé tout ça sans aucun problème avec une section de jazz, d'ailleurs ça fait partie du jazz."

Avec les années, Eric Burdon a gardé la même passion pour Ray Charles. Mais quand il en parle aujourd'hui, on ressent comme une pointe de nostalgie.

"Lorsque 'Ray Charles Live' est reparu en CD, je me suis dit : 'C'est encore un disque qu'ils publient parce que le film a eu du succès.' Je l'ai acheté et à ma grande surprise, c'était la version digitale du premier album de Ray Charles que j'avais acheté, le 'Live in Newport'. Ils y ont ajouté, comme il y a davantage de place sur un CD, des titres enregistrés à Atlanta, 'Live in Atlanta'. Quel bonheur ! Je l'ai acheté et je l'ai mis dans la voiture et là, je ne savais pas trop ce que j'allais trouver, mais j'ai retrouvé l'atmosphère de cette époque. Mes souvenirs m'ont ramené en arrière. C'était une époque où les gens applaudissaient encore. Maintenant, ils crient, ils hurlent. Au Festival de Jazz de Newport, c'était un public blanc. Ray a chanté 'The right time', 'I got a woman', 'Drowned in my own tears'. Ray m'a beaucoup influencé. Grâce au magazine 'Jazz monthly', j'avais acheté un billet pour aller le voir à Antibes, en France. Je suis parti en stop, avec le ticket dans ma poche. Je me suis attardé à Londres où j'ai rencontré des amis, on a parlé de blues, notamment avec Alexis Korner. J'ai continué mon voyage et quand je suis arrivé à Antibes, c'était trop tard, le spectacle était fini et Ray était reparti. Alors, je suis retourné à Paris chez des amis qui m'ont dit : 'Ne t'en fais pas, il joue demain dans un club où on a nos entrées.' C'est là que j'ai rencontré sa choriste, une des Raeletts, Margie Hendrix qui m'a donné son adresse. Et la première chose que j'ai faite quand je suis allé aux Etats-Unis, c'est de lui téléphoner. On a passé toute une nuit sur l'échelle de secours de l'immeuble où habitait Margie Hendrix, à bavarder et à boire. Elle m'a raconté beaucoup de choses intimes sur Ray."

Eric Burdon va très vite délaisser le jazz pour passer au rhythm & blues et au rock 'n' roll. C'est en 1962 qu'il rejoint ceux avec qui il va former les Animals.

"A Newcastle, ma ville natale, on était toute une bande qui aimions à peu près la même musique. Il y avait John Steel, le batteur originel des Animals. Quand je l'ai rencontré, il jouait de la trompette et moi du trombone. On voulait faire du jazz. On se disait qu'après l'université, on irait à New York et qu'on deviendrait yankees, que ça serait super ! John Steel m'avait intéressé au jazz moderne, à ce qui se passait sur la Côte Ouest, Charlie Morgan par exemple et moi, je lui ai fait découvrir le rock 'n' roll. Et il a commencé à comprendre que cette musique n'était pas éphémère, qu'elle allait durer. A cette époque, on écoutait déjà Elvis dans les juke-box, mais on n'arrivait pas à savoir si c'était une fille ou un garçon, parce qu'il y avait beaucoup d'écho. C'est difficile à comprendre maintenant qu'on s'est habitué et qu'on le connaît. Mais à l'époque, ça aurait pu être une fille. Même si beaucoup de garçons avaient ce genre de voix. ('Hold me close, hold me tight, make me thrill with delight …). Avec les années, le rock 'n' roll est devenu un mouvement international de la jeunesse pour la paix. Et il est devenu si puissant que les gouvernements ont pensé que c'était un complot international communiste. D'où la mauvaise réputation du rock 'n' roll. La première fois que je suis allé aux Etats-Unis, il y avait une tentative évidente du gouvernement de réprimer la musique noire. De s'assurer en tout cas, qu'elle n'arriverait pas aux oreilles pures des jeunes Blancs vierges et innocents. Il faut remercier Elvis Presley d'avoir brisé cette barrière et d'avoir sauvé la musique noire. Ray Charles ne pouvait pas le faire. Il fallait des reprises par des chanteurs blancs pour arriver jusqu'aux artistes noirs.

Au départ, le groupe s'appelle The Alan Price Combo et se produit régulièrement dans deux clubs de Newcastle : d'abord le Downbeat, puis le Club A Go-Go.
Très vite, ils sont rebaptisés The Animals. Pour certains, ce nom vient du côté sauvage de leur jeu de scène. Eric Burdon donne une autre explication.

"Tout dépend de l'histoire à laquelle tu crois. Je faisais partie d'une bande où j'étais le plus jeune. C'était des vétérans de l'armée britannique qui avaient servi à Chypre. Des anciens de la Royal Air Force. Ils ne voulaient plus rien savoir d'une vie normale, ils vivaient sur la route. Ils nous avaient pris sous leur aile en quelque sorte et on les rencontrait tous les week-ends, quand on pouvait se libérer, on les retrouvait çà et là. On jouait à Marlon Brando. On était une bande de motards, mais sans moto. On dormait à la belle étoile, dans des sacs de couchage. Le chef du gang, le leader charismatique, avait servi à Chypre et il lui était arrivé des choses pas possibles. Il n'avait plus toute sa tête. Il s'appelait Animal Hog. Nous sommes devenus amis et je l'admirais pour son indépendance. Quand il a fallu trouver un nom pour le groupe, j'ai pensé que ce serait bien de rendre hommage à ce personnage. C'est comme ça que le groupe s'est appelé The Animals."

Dans le groupe, le plus âgé est Chas Chandler, le bassiste, qui deviendra plus tard le manager de Slade et surtout le découvreur de Jimi Hendrix.

"On admirait tous Chas, parce qu'il était plus âgé que nous et qu'il s'habillait très bien, comme un Teddy Boy, avec des accessoires de style. Il avait l'âge pour être admis dans un club, boire de la bière et jouer aux fléchettes toute la nuit. Et en plus, il était très habile pour diriger. Il jouait de la basse avec un groupe qui s'appelait The Kontors. Il y avait aussi John Steel qui était avec moi aux Arts appliqués. On se voyait souvent parce que ses parents avaient une boutique de fish & chips. On s'y retrouvait le samedi soir, on mangeait, on buvait un peu et on essayait de jouer du blues et du rhythm & blues. Et puis Alan Price, qui était strict et rigoureux, dur à l'intérieur, difficile à atteindre, mais excellent pianiste. Il y avait aussi Hilton Valentine qui était en fait le seul véritable élément rock dans le groupe. C'est grâce à lui que les Animals sont devenus un groupe de rock. Quand on l'a rencontré, il avait le style Gene Vincent, avec les rouflaquettes, la coiffure, la veste en cuir noir, les chaussures et surtout, il avait une arme secrète, un effet qu'on appelait 'echoplex'. C'est ça qui a fait les Animals."

En mai 1963, les Animals entament un séjour de deux mois au Star Club de Hambourg, en Allemagne. Le 27 décembre, ils passent pour la première fois à la BBC dans l'émission "Saturday Club".
Le 30, au Club A Go-Go de Newcastle, ils accompagnent le bluesman américain Sonny Boy Williamson. Ce n'est pas leur première expérience en la matière. Ils ont déjà joué pour John Lee Hooker et pour Memphis Slim.
En janvier 1964, les Animals quittent Newcastle pour Londres où ils signent avec le producteur Mickie Most et avec la maison de disques EMI.
Leur premier 45-tours, "Baby let me take you home" paraît le 2 mai. C'est l'adaptation d'un vieux blues dont le titre original est "Baby don't you tear my clothes".

Le 9 mai 1964, les Animals entament une tournée anglaise de 21 dates avec les Swinging Blue Jeans, les Nashville Teens et Chuck Berry. C'est au cours de cette tournée qu'ils enregistrent leur deuxième 45-tours, "House of the rising sun", qui deviendra leur plus gros succès. C'est l'adaptation d'un traditionnel qu'Eric Burdon connaissait depuis longtemps.

"Je l'avais entendu dans un club folk, quand j'étais plus jeune. On y allait pour voir ce qui se passait, mais la plupart copiaient les chanteurs folk américains. Et là, j'avais vu un gars qui s'appelait Johnny Handle, un artiste authentique, quelqu'un de vraiment sincère, et il a joué à la guitare l'intro de 'House of the rising sun'. Il ne connaissait que les deux premiers vers, le reste, il l'a improvisé. C'est la première fois que je l'ai entendu. Et puis je l'ai entendu par Texas Alexander. Il y a même une version par l'acteur de cinéma Andy Griffith. Nina Simone en a fait trois enregistrements différents. A l'époque, je courrais les magasins de disques et j'ai trouvé la version de Bob Dylan, sur son premier album, où il porte un chapeau. Quand je l'ai écouté, j'ai découvert toutes les paroles. On allait partir en tounrée avec Chuck Berry et je me suis rendu compte que, dans cette tournée, tout le monde allait essayer de l'imiter, ce qui était une erreur. Alors j'ai pensé qu'il fallait trouver une chanson suffisamment forte et émouvante avec un texte conséquent. Et que, autant que possible, ce soit différent. Il n'y a aucune similitude entre ... C'est totalement différent. Et ça a marché. Les gens sortaient en disant : 'C'était super de voir Chuck Berry, mais qui était ce petit chanteur sous la lumière rouge qui chantait 'House of the rising sun' ? Ils s'en souvenaient. Ça marchait. Le samedi soir, nous chantions avec Chuck Berry à Manchester. Le dimanche matin, nous nous sommes levés tôt, nous avons pris le train avec tout notre matériel jusqu'à Londres, la gare de King's Cross. Nous avons déchargé le matériel, volé un chariot à bagages pour y mettre le matériel, nous l'avons poussé dans les rues désertes de Londres un dimanche matin. Nous sommes allés au studio et on l'a enregistré en deux prises. On a rechargé l'équipement sur le chariot à bagages, on est retournés à King's Cross et on a rejoint la tournée Chuck Berry à Bournemouth."

"House of the rising sun" dure 4 minutes 30 secondes. C'est une longueur inhabituelle pour l'époque, à tel point que la maison de disques craint que le titre ne passe pas en radio. Les craintes sont vite dissipées : "House of the rising sun" est un succès instantané, un tube mondial.
Paradoxalement, ce titre va apporter la dissension au sein du groupe, car l'adaptation de ce blues-rock traditionnel va profiter uniquement à Alan Price.

"Il s'est arrangé avec le manager et il a mis son nom sur le contrat d'édition."

Alan Price a signé seul l'adaptation et les arrangements de "House of the rising sun". C'est donc lui seul qui en retire les énormes bénéfices. Eric Burdon ne lui a toujours pas pardonné.

"Parfois je me dis : c'est lui qui a eu l'argent, mais ce n'est pas le plus important. Et je remercie Alan de m'avoir montré la voie du véritable blues, de m'avoir fait comprendre ce qu'est le vrai blues. Parce que si j'avais empoché les millions de dollars qu'il a récoltés, peut-être que je n'aurais pas pris ce chemin. Donc, d'une certaine façon, je dois lui dire merci. Mais d'autres fois, j'aurais pu le poursuivre à Londres, le clouer sur son lit et laisser un message disant : 'Quand tu auras réussi à te libérer, appelle le 911, tu es en train de te vider de ton sang !'"

La chanson n'est pas en cause, bien au contraire. D'ailleurs, Eric Burdon lui trouve toujours autant de qualités.

"Chaque fois que je suis devant un micro, j'adore la chanter."

Eric Burdon chante aussi les classiques du blues, par exemple ceux de John Lee Hooker dont les Animals feront plusieurs reprises.

En septembre 1964, "House of the rising sun" est N°1 aux Etats-Unis pendant trois semaines consécutives. Avec les Beatles et les Rolling Stones, les Animals incarnent ce que l'on a baptisé la "British Invasion", une appellation qu'Eric Burdon n'aime pas du tout.

"J'ai détesté la 'British Invasion.' Ce n'est pas pour ça que je suis allé aux Etats-Unis. J'y suis allé pour trouver Ray Charles, pour rencontrer Nina Simone. J'y serais même allé sur un cargo si les Animals n'avaient pas eu de succès. Je me moquais complètement de la 'British Invasion.' Quand on essayait de jouer sérieusement devant les teenagers américains, c'était impossible. Tout ce que je faisais, c'était hurler. Je n'étais pas le seul à penser ça. John Lennon était du même avis. On a souvent parlé du fait qu'il était impossible de faire une musique sérieuse, d'aller au-delà de 'She loves you, yeah, yeah, yeah …'. J'ai vu John Lennon s'adresser au public en disant : 'Taisez-vous ! Je vais essayer de chanter une chanson.' La 'British Invasion', c'était une invention du show bizness américain."

En septembre 1964, les Animals publient un nouveau 45-tours : "I'm crying". C'est leur première composition originale. Elle est signée par Alan Price et Eric Burdon On retrouve ce titre sur leur premier album, qui paraît deux mois plus tard et s'appelle tout simplement "THE ANIMALS."

En mai 1965, les Animals publient leur deuxième album, "ANIMAL TRACKS". En même temps, ils sont N°3 en Grande-Bretagne et N°15 aux Etats-Unis avec la reprise de "Don't let me be misunderstood", un titre qu'Eric Burdon a toujours gardé dans son répertoire.

"Je me suis identifié à cette chanson, bien plus qu'à 'House of the rising sun.' D'abord, on peut la chanter de millions de façons différentes. En ce moment, on en fait une version reggae. Et avec mon guitariste, qui aime beaucoup le style espagnol, le flamenco, on commence à en faire une version flamenco. Et puis, cette chanson m'a permis de rencontrer Nina Simone, qui était une femme plutôt difficile à fréquenter. Et on est devenus amis."

En mai 1965, au moment où les Animals sont au plus haut dans les hits-parades anglais et américains, Alan Price annonce subitement qu'il quitte le groupe pour entamer une carrière solo.
Deux raisons l'ont poussé à prendre cette décision : une peur panique de prendre l'avion qui perturbe les tournées américaines des Animals et surtout des divergences musicales de plus en plus marquées avec Eric Burdon.
Dans un premier temps, pour mener à bien une tournée prévue en Suède, Alan Price est remplacé par Mickey Gallagher.

Alan Price vient de quitter brusquement les Animals. Il est remplacé définitivement par Dave Rowberry.
En novembre 1965, le groupe décroche un nouveau succès avec "It's my life" qui se classe N°7 en Angleterre et N°23 aux Etats-Unis. C'est pourtant un titre qu'Eric Burdon avait abordé avec un peu de réticence.

"C'est un titre qui a été écrit par un auteur compositeur qui s'appelle Carl d'Errico. Il travaillait pour cette énorme institution qu'est le Brill Building à New York. Au départ, je ne l'aimais pas beaucoup, parce que j'avais du mal à le chanter. Avec les années, c'est devenu un titre important pour les jeunes. Tous les jeunes partout dans le monde ont envie de lever le poing et de chanter : 'It's my life and I do what I want !' Alors, j'ai essayé, mais j'ai dit à la fin : 'Ce n'est pas évident de chanter ça quand on a un enfant à élever'. Quand on a comme moi une fille, et qu'on chante 'C'est ma vie et je fais ce que je veux', ça ne va pas trop ensemble. Mais ils ne voulaient entendre que le côté adolescent rebelle et c'est devenu un hymne."

Après Alan Price, c'est John Steel qui s'en va. Il rentre à Newcastle où il deviendra un brillant homme d'affaires.
C'est Barry Jenkins, l'ancien batteur des Nashville Teens, qui prend sa place. Il donne son premier concert avec les Animals à Paris, à l'Olympia, le 15 mars 1966.
Entre Eric Burdon et les autres membres du groupe, les tensions sont de plus en plus vives. Seul Barry Jenkins reste auprès de lui. Tous les autres s'en vont. Le dernier single publié par les Animals première manière, la reprise de "See see rider", paraît uniquement aux Etats-Unis où il se classe N°10.

"'See see rider', c'est un titre des années 1920. Ma Rainey l'avait enregistré. Chuck Willis en a fait une version très différente, 'See see rider …'. On l'a enregistré dans une chambre d'un Holiday Inn à Nassau, aux Bahamas. C'est sans doute un des premiers disques enregistrés de cette façon. C'est Tom Wilson qui produisait. Le son de l'orgue passait par l'ampli d'un clavier qui n'avait plus servi depuis des années, ça a modifié le son de l'orgue Hammond. C'est de là que vient ce son particulier."

Eric Burdon et ses nouveaux Animals s'installent alors en Californie où ils abordent une musique plus psychédélique. Le 16 mai 1967, ils jouent au Festival de Monterey.
"San Franciscan nights", qui évoque le nouveau style de vie d'Eric Burdon, ne lui a pas laissé des souvenirs impérissables. En tout cas, c'est loin d'être sa chanson préférée.

"Il y en a quelques-unes que je n'aime pas trop. 'San Franciscan Nights' par exemple, c'est un peu trop … gentillet. D'accord, ça représente l'époque psychédélique, mais aujourd'hui, c'est dépassé. Ce n'est rien de plus que de la nostalgie.

Eric Burdon & The Animals ne survivront pas à la fin de l'ère psychédélique. Le groupe s'arrête après un dernier concert à Newcastle, le jour de Noël 1968.

Dans l'imposant répertoire des Animals, Eric Burdon a fait le tri. Si certaines chansons n'ont pas résisté à l'épreuve du temps, d'autres, heureusement, n'ont pas rencontré ce problème et gardent pour lui toujours le même attrait.

"Il y a d'autres chansons qui ne sont pas nostalgiques. Par exemple, 'We've gotta get out of this place', ce n'est pas nostalgique. Il y a toujours quelqu'un quelque part qui veut sortir de là. Au cinéma, dans les films, il y a toujours une scène où le héros se tourne vers son partenaire et lui dit : 'Il faut qu'on sorte de là !'"

Le 28 mars 2003, la radio des forces armées britanniques "Live from Kuwait" révèlera que les trois titres les plus demandés par les militaires en poste en Irak sont "Rock the casbah" des Clash, "The boys are back in town" de Thin Lizzy et "We've gotta get out of this place" des Animals.

Les Animals, devenus successivement Eric Burdon & The Animals, puis Eric Burdon & The New Animals, s'arrêtent définitivement fin 1968. Depuis quelque temps déjà, ils ont atteint le point de non-retour.
Non seulement, les tensions entre les musiciens sont à leur paroxysme, mais la gestion de leurs affaires n'est guère transparente. En tout cas, Eric Burdon a des doutes.

"Il y a une photo de moi prise par un grand photographe à Londres où on me voit torse nu, j'ai une tête de voyou. Je porte une chaîne avec un crochet qui pend autour de mon cou. On a pris cette photo parce qu'on savait que le groupe était sur le point d'imploser à tout moment. Ça devenait malsain. Alan Price avait disparu avec la part du lion, tout l'argent. Et notre management nous avait dit : 'Travaillez encore trois mois, et vous pourrez passer à la banque aux Bahamas. Ensuite, vous pourrez faire du cinéma, prendre votre retraite ou ce que vous voulez.' Je suis donc allé aux Bahamas et je me suis mis à la recherche de la banque. Elle avait disparu ! Il n'y avait plus de banque ! Je pense que cet argent a servi à lancer la carrière de Jimi Hendrix. Crois-moi ou non, mais notre argent avait été usurpé pour faire décoller la carrière de Jimi Hendrix. Quand je m'en suis aperçu, j'ai essayé de mettre Jimi en garde. Je lui ai dit que, s'il n'était pas prudent, ce qui nous était arrivé pouvait très bien lui arriver à lui aussi. Et aussitôt, on a fait courir ce bruit : 'Ne laissez pas Eric Burdon approcher de Jimi Hendrix. Il a une mauvaise influence.'"

Après la fin des Animals, Eric Burdon s'installe à Los Angeles, où il lorgne vers le cinéma, cherchant de petits rôles qui pourraient lui convenir.
Encouragé par son manager Jerry Goldstein, il collabore avec The Night Shift, un groupe funk de Long Beach qui est bientôt rebaptisé War.

"Au départ, ça donnait beaucoup de possibilités et j'étais heureux de travailler avec un groupe noir, encore plus heureux quand j'ai compris ce que je pourrais apprendre d'eux. Ce que je pouvais apprendre d'eux et ce que je pouvais leur apporter pour en faire un phénomène mondial. Quand je les ai rencontrés, c'était une bande des rues. Et tout ce qui est arrivé avec les bandes de rues de Los Angeles a commencé avec War : les fusillades, les coups de couteau, l'argent qui disparaît, les fêtes jour et nuit. Mais il y a eu tout de même beaucoup de moments très intenses, de grands et bons moments. Mais découvrir comme ça de l'intérieur le monde noir américain, ça m'a choqué, ça m'a éveillé à la réalité. Et c'est là que j'ai compris que chaque Noir américain a le droit d'être en colère. Parce que, être jeune et noir aux Etats-Unis, ce n'est pas quelque chose de facile."

Eric Burdon tourne avec War dans le monde entier. Trois albums témoignent de cette association : "ERIC BURDON DECLARES WAR" en 1970, le double "THE BLACK-MAN'S BURDON" l'année suivante, et "LOVE IS ALL AROUND", qui ne sortira qu'en 1976.

Après l'épisode War, Eric Burdon rencontre le guitariste John Sterling avec qui il travaillera sur l'album "STOP" qui paraîtra en juin 1975.
Dans l'intervalle, c'est avec son aide qu'il réalise un album avec le bluesman légendaire Jimmy Witherspoon.

"Jimmy Witherspoon était un Noir différent des autres. Jimmy était sophistiqué. Il n'était pas très instruit, mais très sophistiqué. Il faisait des choses merveilleuses. Par exemple, quand il ne tournait pas, il pouvait faire à manger pour 50 personnes, alors qu'il vivait seul. Il décrochait son téléphone, il appelait ses amis et disait : 'Venez, Spoon a fait à manger.' La porte était ouverte. Chacun arrivait, s'installait et se servait. Et il était très fier parce qu'il avait un vrai distributeur de Coca-Cola sur sa terrasse. Et il disait : 'Hé, regardez, prenez un Coca !' Il avait aussi une demi douzaine de voitures, des Lincoln et des Cadillac. Il vivait sur une autre planète. Et quand il est mort, je l'ai salué comme la dernière grande âme noire américaine. Pour moi, ça a été la fin de mon histoire d'amour avec l'Amérique noire."

L'album qui réunit Eric Burdon et Jimmy Witherspoon s'appelle "GUILTY". Il paraît en juillet 1971. Il ressortira en septembre 1997, à la mort du grand bluesman, mais sous un autre titre : "BLACK AND WHITE BLUES".

Brillamment reconverti comme manager de Slade et surtout de Jimi Hendrix, Chas Chandler réunit les Animals originaux pour enregistrer "BEFORE WE WERE SO RUDELY INTERRUPTED". Le disque parait en 1977 sur son propre label, Barn Records.
Une autre réunion aura lieu en 1983 et donnera l'album studio "ARK". Il est suivi d'une importante tournée dont témoigne l'album "RIP IT TO SHREDS – GREATEST HITS LIVE". Mais c'est à contrecœur qu'Eric Burdon avait participé à ces retrouvailles.

"Tous les autres s'étaient ligués contre moi. Ils avaient su que je vivais près de Hambourg, en Allemagne, et ils avaient décidé de faire une tournée mondiale de réunion des Animals. Je leur ai dit : 'Pas question.' Ils ont dit : 'Tu n'es qu'un dégonflé !' Quand je suis rentré à la maison, à Newcastle, j'ai dit à ma mère qu'ils m'avaient traité de dégonflé. Elle m'a dit : 'Ne t'en fais pas pour ça. Fais la tournée, prends l'argent et oublie le reste.' Ça partait d'un bon sentiment, mais je ne voulais toujours pas la faire. Finalement, il en est sorti des choses pas trop mal, mais être sur la route avec ces gens ! On ne se côtoyait déjà pas au départ, on ne pouvait pas être plus proches toutes ces années plus tard, au contraire. Ce n'était pas évident d'être sur la route et dans la même pièce qu'Alan Price, après ce qu'il nous avait fait. Mais là on lui a dit : 'Tu gardes l'argent, mais à partir d'aujourd'hui, on partage équitablement entre tous les musiciens.' Il a répondu : 'Allez-vous en, laissez-moi tranquille."

Le 19 janvier 1994, les Animals font leur entrée officielle au Rock and Roll Hall of Fame. Le 17 juillet 1996, on apprend la mort de Chas Chandler, qui fut le bassiste original des Animals avant de devenir le manager de Jimi Hendrix.
Pour Eric Burdon, c'est d'ailleurs dans cette seconde discipline qu'il était le meilleur.

"Il faut remonter au tout début des Animals, à nos premiers spectacles, quand on commençait. Notre management, nos agents, nous avaient dit qu'il y avait une possibilité qu'on deviennent des stars internationales. A l'époque, notre fourgon de tournée, c'était une ancienne ambulance de la 2ème Guerre mondiale. J'étais assis à l'arrière, Chas Chandler n'était pas encore là. On a commencé à parler et je crois que c'est Alan Price qui a dit : 'Ecoute, si on doit donner des concerts partout dans le monde, il nous faudrait un meilleur bassiste. Chas est meilleur dans le management qu'à la basse. Peut-être qu'on devrait le lui proposer ? Mais qui va le lui dire, moi je ne veux pas.' Alors, j'ai dit : 'Je vais le faire.' C'est une des grandes erreurs de ma vie. 'Chas, on veut que tu deviennes le manager du groupe. On ne te veux plus comme bassiste.' Et là, il nous a suppliés. Le grand costaud a craqué et il s'est mis à pleurer. A partir de là, je suis devenu l'ennemi de l'intérieur. Quand on vit avec la vérité, on s'expose à des problèmes. Les gens ne veulent pas entendre la vérité. Ils veulent entendre leur propre vérité, ce qu'ils perçoivent de la vie."

Trop franc et trop direct, Eric Burdon s'est fait beaucoup d'ennemis. C'est de cette façon qu'il explique le fait qu'il ait été ignoré par son pays et que son succès se soit déplacé aux Etats-Unis et sur le continent européen.

"Ça a commencé à la mort de Jimi Hendrix, quand je suis passé à la télévision. Stupidement, je suis allé à la télévision parce que je pensais pouvoir faire confiance à Kenneth Allsop, qu'il écouterait pourquoi à mon avis Jimi n'est pas mort comme on l'a dit. J'ai dit la vérité et après ça, on m'a prévenu : 'Ne t'avise plus jamais de remettre les pieds dans cette ville.' Et je n'y suis plus retourné pendant vingt ans.'

Au cours de son exil américain, Eric Burdon a tourné à plusieurs reprises pour le cinéma et pour la télévision. C'est ainsi qu'on a pu le voir dans "Comeback" en 1982 et dans le film de Oliver Stone, "The Doors", en 1990. Il a même pris des cours à l'Actor's Studio, mais pas uniquement pour des raisons professionnelles.

"J'ai fait ça pour une raison bien précise. Parce que j'étais au bord de la dépression avec tous les problèmes qui s'abattaient sur moi. J'avais été renvoyé de War et on m'avait ordonné de ne plus remettre les pieds dans les bureaux, alors que j'étais tout de même un de leurs partenaires. Le gardien avait même ordre de me tirer dessus si je revenais. Donc, j'étais coincé au milieu de nulle part, avec une femme et un enfant à charge. Je devenais fou. J'ai pensé qu'il me fallait un psychiatre. Non, non, surtout pas ! C'est un des grands pièges américains. Le psychiatre, tu vas l'avoir sur le dos jusqu'à la fin de tes jours. Donc, j'ai laissé tomber et je suis allé à l'Actor's Studio où on peut participer à des échanges, mentalement et émotionnellement. Et ça m'a beaucoup plu. J'ai trouvé que c'était une expérience formidable. Ce n'est pas seulement une école pour apprendre aux gens à jouer la comédie. C'est un bon moyen d'apprendre aux gens à vivre une vie tranquille. C'est comme un peu comme la loi."

Eric Burdon a la rancune tenace. Il n'a toujours pas pardonné à Alan Price d'avoir spolié les autres Animals des recettes du succès de "House of the rising sun". Pourtant, à un moment, il était prêt à faire le premier pas.

"Alan a disparu. C'est ça, il a disparu. Il a empoché 6 millions de dollars. Il est parti avec l'argent, mais il s'est détruit lui-même. Il était constamment ivre et il fumait tellement de haschich qu'il ne savait plus comment il s'appelait. Et puis récemment, après toutes ces années partagées entre la haine et l'amitié, j'ai vu les dégâts occasionnés par le cyclone Katrina à La Nouvelle Orléans et sur la côte du Mississippi, et je me suis dit : 'On est tous proches de ces gens-là. Tout ce que nous avons gagné dans notre vie, c'est à eux que nous le devons.' J'ai donc décidé d'enterrer la hache de guerre et j'ai envoyé un message à Alan Price où je disais : 'Reformons un groupe avec ce qui reste des Animals et donnons des concerts en Angleterre pour collecter de l'argent pour ces gens.' Et je n'ai eu aucune réponse, aucun signe."

Eric Burdon a publié deux autobiographies : "I used to be an animal, but I'm all right now" en 1986, et "Don't let me be misunderstood. A memoir", en 2001.
En 1977, il avait enregistré un album solo intitulé "SURVIVOR", le survivant. Près de 30 ans plus tard, il est toujours là, avec la même force et la même envie.

"J'ai été un survivant pendant plusieurs années et je me suis rendu compte qu'on ne peut pas survivre si on ne dépasse pas ce stade. Si on dit seulement : 'Salut, j'ai survécu', ça ne donne pas grand chose."

Après s'être fait très discret pendant quelque temps, Eric Burdon revient sous les projecteurs avec trois albums enregistrés coup sur coup : "MY SECRET LIFE" en 2004, "ATHENS TRAFFIC LIVE" en 2005 et le tout récent "SOUL OF A MAN".
Le 6 avril, il chantera à Paris, au Trabendo. Cela fait maintenant plus de quarante ans qu'il est sur la route et il n'entend pas s'arrêter de si tôt.
Et quand il regarde en arrière, il garde toute sa lucidité, conscient qu'il aurait pu parfois agir autrement pour changer son destin.

"Bruce Springsteen a voulu me produire. J'ai dit non. Ça, je le regrette. A l'époque, j'avais mes raisons, des raisons personnelles. Mais je ne peux pas l'expliquer, même à moi-même. J'ai suivi des voix intérieures, j'ai suivi mes tripes. Je crois en mon estomac, en mon ventre. Je crois vraiment que c'est là que vit l'âme de l'homme, dans son ventre."
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